Sondages d’opinion 2018 : Target veut éclairer les décideurs dans leurs prises de décisions

Mardi, 6 Février, 2018 - 01:24
Target SARL lance en ce début du mois de février une série de sondages à l’échelle des 26 provinces de la RDC. Un véritable challenge pour le cabinet au regard des réalités climatiques, culturelles et linguistiques de la RDC, pays aux dimensions d’un sous-continent. Saleh Sikofu, Research Specialist, nous présente dans cette interview, l’articulation de ces sondages d’opinion.  

 

Target annonce l’organisation prochaine de sondages d’opinion à l’échelle nationale, sur quoi va porter ces sondages ?

Nous lançons en ce début du mois de février une série de sondages nationaux qui va porter sur plusieurs thématiques à savoir l’environnement, l’audience des médias, la publicité, la politique et la santé. Le choix de la thématique « Environnement » est justifié par le fait qu’aujourd’hui, le réchauffement climatique est à l’ordre du jour. Nous allons, à travers ce sondage, donner  aux Congolais  la possibilité de s’exprimer sur les enjeux environnementaux. Le deuxième sondage va porter sur l’audience des médias. C’est une enquête barométrique pour voir l’évolution des médias en RDC. Le troisième sondage sera centré sur l’impact de la  publicité. Les personnes interrogées vont donner leurs avis sur l’audience des différents supports publicitaires et des marques ainsi que la notoriété des marques en RDC. Nous allons également recueillir les points de vue des Congolais sur les prochaines élections qui doivent se tenir en décembre de cette année. Le dernier sondage va s’articuler sur un problème de santé devenu de plus en plus récurrent en RDC, la maladie d’Accident Vasculaire Cérébral (AVC). 

A quoi vont servir les résultats de ces sondages ?

Les résultats de ces sondages d’opinion vont aider les décideurs de différents secteurs de la vie nationale à orienter leurs décisions sur base des statistiques reflétant les réalités congolaises. Les chercheurs pourront également s’en inspirer pour leurs travaux.

Quelle est l’opportunité de mener de tels sondages aujourd’hui en RDC ?

Un sondage est toujours opportun. Car, il vise à donner une indication quantitative aux opinions, souhaits, attitudes ou comportements d’une population à une période donnée.  Nous abordons dans nos sondages certaines questions de l’heure qui intéressent  la société congolaise comme l’environnement, la santé et  la politique. Nous avons aussi des questions qui préoccupent les organisations nationales et internationales quant à leurs communications en RDC. Par ailleurs, la RDC a souvent une carence des statistiques récentes et fiables. Les résultats de ces différents sondages pourront y remédier.

Pensez-vous que les résultats de vos différents sondages menés jusqu’ici ont eu un effet au sein de la société congolaise ?

Sans fausse modestie, les résultats de nos sondages aident beaucoup de structures tant nationales qu’internationales à  améliorer leur rendement ou travail et bien servir la population ou les clients. Par  exemple, certaines chaînes de télévision ont amélioré leurs programmes pour mieux servir les téléspectateurs grâce à nos études médias.  

A qui vont s’adresser les résultats de cette série des sondages que vous vous apprêtez à mener ?

Les résultats de nos sondages s’adressent aux  décideurs nationaux et internationaux ainsi qu’aux chercheurs et étudiants.

La RDC est un pays très vaste, avec des réalités culturelles et linguistiques différentes du nord au sud, de l’est à l’ouest, quels sont les principaux défis auxquels vous êtes confronté lorsque vous organisez un sondage à l’échelle nationale ?

Dans un pays à la taille d’un sous-continent comme la RDC, le grand défi lorsque l’on mène une enquête à l’échelle nationale est le manque d’infrastructures routières. Il s’avère aussi que  la connexion internet n’est ni stable, ni rapide, la fourniture d’énergie électrique est un luxe. Le réseau téléphonique est perturbé dans certaines provinces, le climat n’est pas toujours le même dans chaque zone. Nous devons aussi faire face aux problèmes culturels et linguistiques. Le niveau d’instructions dans certaines localités ne permet pas parfois d’avoir des informations très pertinentes, etc.

Comment surmontez-vous ces difficultés ?

Notre connaissance des réalités du terrain nous permet de bien adapter l’approche méthodologique quant à la collecte des données dans  chaque zone. Nous sommes obligés de nous limiter dans les  26 principales villes ou cités du pays et parfois dans des zones rurales les plus proches pour mener nos enquêtes. Les enquêtes avec questionnaires incorporés dans les  Smartphones ou Tablettes qu’on appelle CAMI sont faites dans les villes où la connexion internet est un peu plus stable. Alors que pour les autres villes, nous utilisons  le questionnaire en papiers, PAPI.  Nous sommes parfois obligés d’avoir le rapport journalier téléphonique avec certaines équipes tard la nuit. Nos équipes locales font la collecte des données. Cela réduit les distances et brise les barrières culturelles et linguistiques.

Combien des sondages de ce genre allez-vous organiser en 2018 ?  

Nous comptons organiser une dizaine de sondages au cours de cette année. La première série est celle que nous lançons en ce début de mois. Nous projetons d’effectuer d’autres sondages sur d’autres thématiques pendant le deuxième semestre de cette année.

Propos recueillis par Job Bunana

G&G Agence