Le cabinet Target, "un passage obligé pour tout initiateur de projet d’entreprise", Interview dans Optimum

Lundi, 20 Août, 2018 - 14:37

L’agence Target fait partie des principaux cabinets d’études de marché et consulting basés en République démocratique du Congo. Elle représente ainsi le passage obligé pour tout initiateur de projet d’entreprise désireux de cerner avec précision son secteur d’activité avant de s’y lancer. En moyenne, ce cabinet spécialisé réalise une cinquantaine d’études par an dans divers secteurs de la vie économique. Interrogé par Opt1mum sur la situation des projets initiés en 2016 et 2017, son manager director, Serge Mumbu, déplore un véritable climat d’incertitude qui règne chez les investisseurs tant étrangers que nationaux.

Optimum (O): Comment présenterez-vous Target en quelques mots ?

Serge Mumbu (SM) : Target est un cabinet d’études de marché et consulting basé en RDC. Nous sommes opérationnels dans toutes les 26 provinces de la RDC, mais aussi dans plusieurs pays africains (Congo Brazza, Rwanda, Burundi, Côte d’Ivoire, Ghana, Sierra Léone et Ouganda) grâce à un vaste réseau de consultants et collaborateurs extérieurs (enquêteurs, superviseurs, recruteurs, modérateurs,…). Nous réalisons une cinquantaine d’études par an pour des clients divers : cabinets internationaux, sociétés multinationales, organismes internationaux, PME, etc.

O : Comment ont évolué vos activités en 2017 ?

S.M. : Plusieurs domaines ont été concernés par nos études, particulièrement les banques, les télécoms, les médias, la santé, les boissons, les finances, la grande distribution et l’agro-alimentaire. Des études quantitatives, qualitatives, documentaires et même de business intelligence ont été réalisées en 2017 à l’initiative de la Direction générale des sociétés ou organisations concernées. Quelques études ont été réalisées en partenariat avec des cabinets internationaux dans lesquelles Target s’est principalement occupée de la collecte et de la saisie des données.

O : En tant que dirigeant d’entreprise, qu’est-ce qui vous préoccupe le plus actuellement dans la vie économique de la RDC, à cause de l’impact direct sur vos activités ?

S.M. : C’est le climat d’incertitude et/ou d’observation qui règne auprès des investisseurs étrangers et dirigeants aussi bien des grandes entreprises que des PME qui se sont lancés en 2016-2017 dans des projets d’investissement. La tendance est qu’on préfère plus observer encore comment la situation politique et économique va évoluer et on ne veut pas prendre de grands risques avec de gros investissements ou grands projets. Cela impacte directement sur notre carnet de commandes des études de marché et nous sommes obligés de diversifier nos produits et élargir en international afin de limiter les casses.

O : Quel est l’impact de la crise qui affecte le monde des affaires sur la demande de collaboration des entrepreneurs avec Target ?

S.M. : Les entrepreneurs congolais se plaignent de la crise et de la difficulté qu’ils ont à recourir à nos services en termes d’études de marché ou de consulting en marketing et stratégies.

Nous essayons toujours de voir comment trouver des pistes de collaboration, notamment en termes d’échanges de services. C’est très important que les entrepreneurs soient bien encadrés et coachés en RDC pour éviter des échecs et/ou mauvaises décisions. C’est dans notre intérêt que les entrepreneurs congolais réussissent, car ce sont nos clients de demain.

O : Au regard des nombreuses études réalisées pour le compte des entreprises, quelles sont les barrières à l’investissement en RDC, et comment les surmonter pour influencer positivement le cadre des affaires ?

S.M. : Les barrières à l’investissement varient selon les secteurs et la nationalité des investisseurs. Dans certains secteurs par exemple (mines, agriculture, industries de transformation,…), c’est l’accès aux sources de financement. Difficile pour des Congolais de lever des centaines de millions de dollars avec les institutions bancaires locales. D’autres secteurs comme l’agriculture souffrent de la législation qui empêche ou limite certains capitaux étrangers. Certains investisseurs se plaignent de la lenteur administrative et/ou du fait qu’il faille dépenser beaucoup d’argent pour obtenir certains documents administratifs ou autorisations de fonctionnement. D’autres secteurs encore n’ont pas de données fiables et récentes sur leurs secteurs activités et les investisseurs doivent parfois tâtonner en termes de prévisions et business plan. La solution serait que toutes les structures chargées de faciliter le travail des investisseurs (ANAPI, Guichet unique, DGM, FPI, etc) puissent travailler de manière réellement concertée dans le cadre d’une politique gouvernementale de promotion des investissements avec des objectifs très clairs à court, moyen et long terme en concertation avec les organisations patronales (FEC, COPEMECO, chambres de commerce).

Propos recueillis par Laurent Essolomwa

Cette interview du General Manager de Target-SARL a été réalisée et publiée dans le magazine OPTIMUM.