"La rédaction du rapport dépend du type d’études qu’on a menées", (Martial BUDUILE)

Mercredi, 3 Octobre, 2018 - 20:25

Travailler dans un cabinet d’étude parait parfois un exercice réservé aux initiés. Cependant, toute personne ayant une formation intellectuelle est capable de s’adapter à ce travail, moyennant une formation sur les principes de base.

Martial BUDUILE est Research Specialist chez Target. Ses tâches consistent à la préparation des études, au prétest des questionnaires, à l’encodage, à la codification et à l’analyse des résultats et la rédaction des rapports d’études et articles de publication.

Dans ses attributions, il donne les prérequis aux enquêteurs en vue de leur faciliter le travail sur terrain.

Il  révèle ici, les contours de ce travail dont Target détient le secret.

Dans vos tâches au sein de Target, vous êtes chargé entre autres de l’instruction des enquêteurs, en quoi consistent vos taches ?

  • Comme dans toute agence d’étude de marchés, les enquêteurs doivent être instruits sur la procédure à suivre pour la réussite d’un projet et ma responsabilité est l’élaboration des directives des superviseurs et enquêteurs. L’objectif de ces documents est une ligne de conduite pour la réussite d’une étude, les directives traduisent les objectifs de l’étude. En parlant des instructions des enquêteurs, il s’agit justement de leur expliquer leur partie du travail avec les responsabilités, les tâches et les méthodologies qui partent avec.

Comment vous y prenez-vous face à un enquêteur qui a du mal à suivre vos orientations ?

  • Notre but est aussi de participer au renforcement des capacités de nos consultants. C’est ainsi que nous organisons avant une étude une formation pour les enquêteurs. On laisse aux enquêteurs le soin de poser les questions pour avoir des éclaircissements. Pendant la séance, on fait  une  simulation entre enquêteurs pour voir s’ils ont compris l’administration du questionnaire. Nous organisons enfin,  au moins 2 pilotes. La formation peut  prendre un  ou plusieurs jours. L’enquêteur qui a du mal à suivre les orientations par manque de compréhension est suivi avec beaucoup plus d’attention pendant une certaine période

Comment se passe une journée de travail avec les enquêteurs ? (Pouvez-vous décrire une journée avec les enquêteurs ?)

  • Une journée avec les enquêteurs peut avoir plusieurs descriptions et cela dépend du statut que l’on a dans l’entreprise. Un superviseur ou Field manager passerait sa journée à suivre les enquêteurs sur terrain, leur prodiguant des conseils avec des encouragements. Pour un chargé d’études, moi à l’occurrence, une journée avec les enquêteurs consisterait à les former par rapport au projet en cours.

Quels prérequis, quelle formation et/ou expérience est nécessaire pour maitriser la codification des questionnaires ?

  • Il n’y a pas une formation particulière.  La codification consiste  à attribuer un code (chiffre) à une phrase qui représenterait un groupe  d’idées. Une bonne aptitude à résumer les choses pourrait suffire pour faire la codification. Il faudra également avoir une bonne connaissance de la langue  française par exemple, pour arriver à corriger certaines coquilles. Voilà en gros les atouts importants.  

Parmi les outils que vous utilisez dans votre travail figurent lesquestionnaires d’entretien, les fiches de dépouillement et les fiches de quotas. Quelles différences faites-vous entre ces fiches ?

  • Le questionnaire  est l’ensemble des questions à poser aux répondants pendant une étude quantitative. On peut y trouver des questions ouvertes et des questions fermées. Alors que la fiche de déploiement indique la répartition des enquêteurs dans la zone de l’étude. Cette fiche permet aux enquêteurs de se situer sur terrain. Chacun travaille dans une zone spécifique. La fiche de quota, de son côté,  dresse le profil des répondants dont on a besoin dans une étude  selon les tranches d’âge, les classes sociales, les genres, l’occupation et le lieu de résidence.  Les fiches de déploiement indiquent la répartition des enquêteurs dans les zones d’études permettant aux enquêteurs de se situer sur terrain en leur indiquant les zones spécifiques où ils doivent individuellement travailler. Les fiches de quotas indique le profil des répondants selon les tranches d’âge, les classes sociales, les genres, etc.

Quelles sont les étapes essentielles dans la rédaction des rapports d’études ?

  • La rédaction du  rapport dépend du type d’études qu’on a menées. Nous parlerons plus des études quantitatives ici. D’une manière générale, un plan du rapport est établi ensuite  les Template sont élaborées sur basse du questionnaire. Ensuite,  Il y a une réunion avec les rédacteurs et l’équipe informatique, on passe en revue les différentes parties du questionnaire.  Après le terrain, nos collègues du département Informatique, font d’abord le traitement et le nettoyage de données  recueillies. Au cas où il y a des questions ouvertes, ces questions sont codifiées.  Ils procèdent ensuite au tirage des graphiques et au test de significativité avant de nous remettre les résultats chiffrés.  Il vient finalement la rédaction proprement dite avec l’insertion des textes, images accompagnant les textes, commentaires particuliers, etc.

Dans l’accomplissement de vos tâches, quelle est la documentation nécessaire dont vous avez besoin ?

  • Nous appartenons à un cabinet d’études, nous avons des manuels des procédures qui ont été élaboré en interne, mais aussi toute sorte de documentation pour bien mener une étude. Il est parfois difficile de dire en avance quel document on peut privilégier au détriment d’un autre. Je pense qu’un chargé d’études doit être quelqu’un de suffisamment cultivé, informé et qui a un esprit ouvert. Car, nous menons les études dans divers domaines.     Nous faisons des études qui ne varient parfois qu’en termes de taille, volume. Le fond et la forme restant souvent les mêmes, la documentation nécessaire est  le record (les archives). On a souvent besoin de recourir aux anciens rapports, anciennes méthodologies, etc.

Vous avez participé à la réalisation des plusieurs travaux depuis votre arrivé au cabinet Target, quelle est le meilleur souvenir que vous avez et pourquoi ?

  • Entre Octobre et Novembre 2016, alors qu’encore consultant externe,  j’ai participé au projet D LIGHT avec notamment la supervision de la collecte des données ainsi que la rédaction du rapport. Après la présentation des résultats,  le client était satisfait.  J’ai reçu les encouragements du General Manager.  Je pense que c’est mon meilleur souvenir  car,   j’ai ressenti  la satisfaction et  la gratitude par rapport à un travail bien fait.