Drépanocytose : 92% des Congolais ne se font pas dépister, selon une étude de Target

Vendredi, 19 Juin, 2020 - 09:41

Le cabinet d’études de marchés Target a mené une enquête du 18 au 24 mars 2020 sur la drépanocytose (anémie SS) afin de connaître la perception de la population sur la dangerosité de cette maladie et ses connaissances sur les symptômes de cette affection dans les pays sous-développés. Les questions ont porté sur la perception de la maladie, les symptômes et le dépistage. Il ressort de l’étude que huit congolais sur dix sont conscients de la dangerosité de la drépanocytose mais beaucoup ne se font pas dépister. 

Selon les données de l’enquête, 92% des Congolais ne se font pas dépister de la drépanocytose contre seulement 8% qui passent un test de dépistage. Les provinces qui enregistrent les taux de dépistage les plus élevés sont Nord-Ubangi (27%), Ituri (19%), Lomami (17%), Kasaï-Oriental (17%) et le Kasaï-Central (15%). 

L’enquête révèle aussi que les personnes aux revenus les plus élevés sont celles qui se font le plus dépister, à hauteur de 77%. La même tendance se confirme dans toutes les catégories. Les douleurs musculaires (55%), la fièvre (52%), la fatigue (48%) et la pâleur (42%) sont considérées comme les principaux symptômes de la drépanocytose par la plupart des répondants. 

44% des congolais considèrent la drépanocytose comme une maladie très dangereuse, 37% estiment qu’elle est dangereuse, 12% comme moins dangereuse, 5% comme pas du tout dangereuse et 2% ne la trouvent pas dangereuse. 

Le cabinet Target a formulé des recommandations pour la bonne prise en charge de cette maladie :

- Campagnes nationales de sensibilisation sur la maladie (TV, radios, panneaux, affiches, banderoles, …) avec l’aide de grandes entreprises dans le cadre de leur politique de responsabilité sociale ainsi que des partenaires multilatéraux (OMS, UNICEF, …)

- Communications de proximité (de porte-à-porte), en langues locales en étroite collaboration avec les communautés locales (quartiers, églises, associations de jeunes, mouvements féminins, …)

- Sensibiliser particulièrement dans les églises et les maisons communales (officiers d’état-civil) les personnes adultes désireuses de se marier sur l’importance de faire des tests sanguins préalables pour vérifier si les deux futurs parents ne sont pas porteurs du gène de l’anémie falciforme (il y a 1 chance sur 4 que leur enfant soit atteint de ce trouble)

- Dépistage néonatal systématique chez tous les nouveau-nés en RDC. Plus cette maladie est dépistée tôt, meilleure sera la prise en charge et les chances de survie de l’enfant. Le dépistage néonatal permet de dépister non seulement les enfants atteints de la maladie, mais aussi les enfants non atteints mais porteurs d’un gène muté. Ces enfants ne seront pas malades, mais ils auront un risque de transmettre la maladie à leurs propres enfants. On parle d’eux comme des « porteurs sains » ou des hétérozygotes pour le gène de la drépanocytose.

Les données obtenues grâce à cette enquête confirment le fait que les futurs époux ne se font pas dépister avant le mariage pour connaître leur état hémoglobinique. Un bon dépistage doit se faire avant qu’il y ait manifestation des signes, soit pendant la grossesse, soit jusqu’à 6 mois après la naissance, et le dépistage précoce oriente vers une prise en charge pouvant prévenir les crises. 

Le sondage a été réalisé auprès d’un échantillon de 1957 congolais recrutés aléatoirement puis interrogés en face-à-face sur base d’un questionnaire électronique. Les tranches d’âge de personnes interrogées varient entre 18 et 65 ans, voire plus. La représentativité de l’échantillon est assurée par la méthode des quotas appliqués aux variables suivantes : sexe, âge, occupation et ville de résidence. Le sondage s’est déroulé dans 25 chefs-lieux de la RDC à savoir Boende, Bukavu, Bunia, Buta, Gbadolite, Gemena, Goma, Isiro, Kabinda, Kalemie, Kamina, Kananga, Kenge, Kikwit, Kindu, Kinshasa, Kisangani, Kolwezi, Lisala, Lubumbashi, Lusambo, Matadi, Mbandaka, Mbuji-Mayi et Tshikapa.

Pour télécharger l'intégralité de l'étude cliquez ici.